Direction l'archipel du Cap-Vert (Cabo Verde pour les lusophones), rien de programmé, juste un contact à Praia, la capitale de l'archipel, et quelques idées glanées ça et là.

À l'embarquement les femmes qui rentrent au "petit pays" jouent des coudes pour faire passer les kilos supplémentaires de cadeaux et autre bagages. Quelques heures de retard pour cause de Sarkozy sur le tarmac de l'aeroport de Dakar et la TACV nous dépose à Praia, il fait nuit. Manu, un cap-verdien chargé de kilos de crevettes pour la famille, rencontré dans la file d'attente, nous propose de nous déposer chez Emilia. Arroz com marizcos (riz au fruits de mer), enfants qui jouent et thé. un accueil très sympa. Il est tard, au lit…

Premier passage sur le "Plateau" le quartier ancien de Praia, qui surplombe la mer.
Au café Cachito sur la praça Alburquerque on déjeune de pastels et de cachupa

Les nombreuses "lojas" ( magasins) des commerçants chinois regorgent de choses colorés en plastique, c'est la période de Noël. Sucupira est le marché mais aussi la gare routière, les rabatteurs pour "Aluguer" (taxi collectif) se jettent sur chaque voyageurs supposés, en chargeant leur provisions, sans même demander la destination. Les bidons métalliques remplis de fringues, envoyés par les cap-verdiens immigrés aux Etats-Unis débarquent là. parmis les petits étals on retrouve immanquablement 2, 3 guinéens de notre Fouta, les salutations en Puular s'imposent…

Sur la "praia de Gomboa" (plage), quelques jeunes s'exercent à la Capoeira, on s'approche, on discute, on joue. Pour se baigner, notre préférence va à Prainha, petite plage au sable plus blanc et plus propre, en plein quartier des hôtel et ambassade.

Notre deuxième escale : l'île de Sao Vincente. Aéroport de Sao Vicente, c'est la nuit noire et le taxi s'enfonce dans un couloir qui semble sans fin, on imagine autour de nous un paysage lunaire, direction Mindelo, l'hôtel Sodade. Chaque soir, un groupe répète sous nos fenêtres, la fête se rapproche.

Mindelo est, parait-il la ville culturelle. De la terrasse le panorama de la baie, au matin est agréable. Pendant les ballades, le regard s'arrête sur les vieux comptoirs d'époque, les mérous rouge à points bleus du marché aux poissons, les voiliers mouillés là dans le port. Antonio qui travaille au Centre Culturel français nous recommande un petit café pour manger une cachuppa locale.

Il n'y a qu'un palmier sur la plage de Salamansa à quelques kilomètres de Mindelo, c'est le seul arbre d'ailleurs, tout est mineral. Une plage magnifique qui sétend a perte de vue, déserte. Le petit village de parpaings semble endormi. l'eau est transparente et l'île de Santo Antao se découvre à l'horizon.

Le Club Nautico est le lieu décontract' ou les navigateurs de toutes nationalités font une pause dans leur traversée de l'atlantique. histoire de manger un "biffe de Atum" et d'écouter les musiciens locaux le soir. On y retrouve Antonio venu jouer de la Clarinette avec son groupe.

Avant d'embarquer sur le Ferry pour rejoindre Porto Novo, sur l'île de Santo Antao, une baignade s'impose sur la petite plage du port où les guitares et cavaquinhos se rejoignent pour fêter les vacances.

La traversée est courte et tranquille, au comptoir les "Cervejas" pleuvent, et sur le pont les rabatteurs dénichent les derniers voyageurs pour leurs Aluguers. Le Minibus est rempli, le volume de l'auto-radio poussé au maximum, voilà la route pavée de Ribeira Grande, la seule artère du pays qui monte, monte … Les parois vertigineuses uniquement protégées par de petits murets de pierres, font fermer les yeux de certains. Le paysage est grandiose. Côté face de l'île : une étendue désertique, couleur sable, parfois ocre. Une fois passée Cova, le côté pile se dévoile, les pins, cyprès, Eucalyptus alternent avec les cultures de mais, bananiers et papayers.

Santo Antao est le paradis des marcheurs, on s'engage dans la vallée de Paùl pour une petite randonnée de 6 heures, la descente est vertigineuse et au loin on aperçoit la mer. Sur le versant de l'ancien cratère de cova, un vieux nous siffle, et nous propose d'un signe de main de rentrer dans sa maison. Une simple pièce avec lit, petite table et l'inévitable télé. Il est 11h du matin : "grogue" ? (rhum local) nous refusons poliment. "oranges ?" Nous dédommageons notre hôte et continuons notre promenade dans la ribeira de Paùl, ou la moindre parcelle de terre est ingénieusement exploitée. Ici la canne à sucre est la culture reine.
Parmi les caféiers 2 gosses utilisent les tiges creuses de feuilles géantes comme des trompettes, des barrissements d'éléphants envahissent la vallée.

Avant d'embarquer sur le ferry de retour nous nous faisons une autre frayeur sur les falaises abrutes en direction du petit village de Fonteinhas. Un vieux nous embarque dans son hyaces et fait le guide, arrêt pour les meilleurs photos, pour vaincre notre peur du vide il nous propose de conduire et assure en nous montrant l'aiguille calée sur le 20 qu'il ne dépasse jamais les 20 k/h. Là encore la paysage et la force des éléments nous cloue sur place.

De retour à Praia notre point de chute, direction le nord de l'île, Tarrafal, qui tient son nom d'une variété d'arbre le Tarrafe (tamarix senegalensis). Des villes nommées ainsi il y en a sur presque toutes les îles. C'est un petit village de pêcheurs tranquille, prisé par les habitants de la capitale les jours de fête et les week end, une petit plage dans le centre fréquentée par les bodysurfeurs et les touristes. Mais pour qui veut s'en donner la peine, une crique à l'eau transparente bordée d'une plage de galets, ambiance très zen est à moins d'une heure de marche. Le soir de Noêl à l'hôtel Solmarina, est arrosé de caïpirinhas et se termine au son du Funana.

Dernière île : Fogo et son volcan. 3O minutes de vol et un aterrissage radical à Sao Felipe la capitale, Patrick nous emmène à Chà da Caldeiras, le paysage est lunaire, la température nantaise. Tout ici est minéral et noir sauf les yeux des enfants dont le bleu rappelle leur ancêtre français, la moitié des habitants se réclament de sa lignée ! Bon repas à la Pousada Pedra Brabo réputé pour son chef cuistot français et la chaleur de l'accueil. A 8 heure début de l'ascension du volcan, nous sommes 6 au départ mais 5 à l'arrivée. Le guide est sympa, la visibilité est bonne, pas de vent, 4 heures de montée, 1 heure de descente en dévalant la pente de scories. L'épicerie du bled tient lieu de salle de concert, le propriétaire prend facilement sa guitare dès la première commande de grogue.

On charge le sac à dos de fromage de chèvre et de pain, avant d'emprunter la route de Mosteiros, Les coulées de laves font place à la forêt d'eucalyptus qui contraste avec le reste de l'île. Plus on s'approche de la mer, plus les cultures s'intensifient. Les sentiers bordés d'agaves serpentent, on y croise quelques enfants qui dévalent pieds nus les pentes. Arrivée à Mosteiros, un village perdu au bord d'une mer plutôt hostile, jus de goyave maison sur la terrasse de la pension Christina.

Dernière matinée sur l'île et découverte surprenante de Sao Felipe superbe ville coloniale aux belles maisons "sobrados" Patrick nous attrape au passage et nous dépose à l'aéroport direction Praia.

Santiago, churrascaria (barbecue) en famille, une glace en scotchant sur un épisode de télé novelas. Dernière nuit à Praia, c'est le 1er de l'an, feu d'artifice au rythme des fanfares qui défilent sous nos fenêtres. 8 heures, le taxi vient nous chercher pour l'aéroport, les voisins rentrent se coucher.

 

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